Aide Sociale à l’Enfance : le passage à la majorité

Récemment Le Monde a rédigé un article concernant les adolescents délestés par l’Aide Sociale à l’Enfance, l’ASE, à l’heure de leurs 18 ans. J’ai envie de partager mon expérience. Cet article va décrire une période intime et difficile de ma vie, une période que ma façon de vivre et l’entreprise de l’ASE ont conduit. Je n’ai pas l’habitude de ressasser le passé mais je crois qu’offrir quelques minutes d’immersion peut aider certains à se construire une idée fondée.

Aujourd’hui j’ai 26 ans, je vis avec ma chérie dans la région d’Arcachon. J’ai commencé un parcours de pilote de ligne mais après 4 ans de vol mes yeux m’ont rendu inapte. Je réalise en ce moment une formation de développeur.

  1. Mon regard sur l’ASE
  2. Être placé, et aller vers ses 18 ans
  3. Mon placement à l’ASE, son contexte
  4. Foyer d’urgence
  5. Foyer
  6. Plusieurs foyers
  7. Lieu de vie
  8. La préparation de mes 18 ans
  9. Je suis majeur
  10. Ce que l’ASE pouvait améliorer, pour ma situation
  11. L’ASE, à refaire ?
  12. Conclusion

1. Mon regard sur l’ASE

De façon générale je ne ressens aucun handicap a avoir vécu en foyers. A ma majorité, un accompagnement programmé et continu aurait put m’être utile. Plus encore aux jeunes plus instables que moi : drogue, alcool, deal, famille présente et oppressante.

Peut être manque-t-il un lien entre ASE et Mission Locale. Peut être que les études supérieures ne sont pas à éviter, quand elles proposent en plus un système de bourse et de logement étudiant.

Aujourd’hui l’ASE sauve beaucoup de pots cassés. Il n’y a pas de soleil radieux, mais c’est grâce à l’ASE que pour beaucoup de jeunes il n’y a plus de tempête.

2. Être placé, et aller vers ses 18 ans

Le point fatidique des 18 ans est dans la tête de tous les jeunes placés, les juges et les éducateurs s’en assurent.

Tous ces jeunes le savent : à 18 ans, ils seront seuls. Plus tôt ils sont placés, plus tôt ils s’y préparent. Je ne crois pas que ce soit vécu par tous comme un malheur. Un peu comme quand on prend l’avion, on sait qu’on devra atterrir. On espère n’avoir aucune avarie moteur, on surveille toutes les aiguilles et toutes les lumières du cockpit. Au décollage ou en croisière, tous les pilotes savent qu’ils n’atterriront peut être pas là où ils voulaient. Il n’y a ainsi pas de malheur à être pilote ou à être un jeune placé, mais il y a une vigilance droite et claire inévitable. Cependant, à la différence du pilote, le jeune placé n’aura pas eu des années de travail et de préparation.

Ce jeune placé est vivement conseillé de préférer un parcours scolaire professionnalisant comme un apprentissage, parce qu’au moment de fêter ses 18 ans des économies seront faites, un travail sera acquis. Même si beaucoup d’adolescents non placés ont cette méthodologie, cette dernière est plus forte à l’ASE comme le démontre la comparaison de deux tableaux :

  • celui tiré d’une étude disponible sur dees.solidarites-sante.gouv.fr concernant les enfants et adolescents de l’ASE.
  • celui disponible sur education.gouv.fr concernant une rentrée des classes après la troisième, tous élèves confondus.

Seconde GT = Seconde Générale ou Technologique

Je n’ai gardé contact avec aucun des adolescents rencontrés en foyers ou lieu de vie, alors je ne sais pas ce qu’ils sont devenus. Une fois j’ai croisé un de ceux-ci en centre ville et en pleine journée, il était clairement drogué et peu sobre.

Je crois que les plus vifs continueront leurs études ou leur travail, quelques uns retourneront chez leurs parents malgré des horreurs passées (violences, viols). D’autres finiront certainement à la rue. J’ai souvent lu que 40% des personnes sans domicile fixe avaient été placés à l’Aide Sociale à l’Enfance, je n’ai rien trouvé le démontrant. Cette étude de l’INSEE, Influence des événements de jeunesse et héritage social au sein de la population des utilisateurs des services d’aide aux sans-domicile, ne le confirme pas même si elle démontre qu’un placement accroît la probabilité de vivre sous un pont (p.96). Rappelons qu’un placement fait suite à un événement personnel grave, le placement en lui-même justement tente d’éviter le pire pour la suite.

Il y a des jeunes placés qui s’en sortent très bien, j’ai même vu un médecin sur Twitter qui disait avoir été en foyer. Mais je crois que pour la plupart, la majorité intervient comme un couperet même si les juges et les éducateurs les préparent. Le passé de ces adolescents est souvent le coupable de leur future miséricorde, et parfois l’ASE n’aura pas été assez forte.

Le rôle de l’ASE est défini sur Legifrance. Je pense au tuteur d’un arbre, le tuteur n’a pas vocation à s’assurer que les fruits soient bons, sucrés ou juteux. Le tuteur est présent pour supporter et diriger le jeune arbre dans sa pousse. Pardonnez-moi si je me trompe, je n’ai pas la main verte, mais je pense trouver ici une assez bonne analogie avec l’ASE.

Un placement est toujours une épreuve, mais il n’est pas responsable de tous les maux qu’on lui veut. Des choses peuvent être améliorées, je tente humblement d’en énumérer, mais le fait est que mon parcours de vie m’a tiré vers le douloureux et le difficile, mon placement n’a pas été facile mais sans lui vous ne seriez peut être pas en train de me lire.

3. Mon placement à l’ASE, son contexte

Avant toute chose pardonnez mes approximations, j’ai oublié beaucoup de choses à souhaiter ne rien mémoriser.

Vers 14 ans je n’étais pas accepté au collège, j’avais très peu d’amis, à la maison je ne me sentais pas aimé et j’avais la conviction que ma petite demie-soeur avait tout l’amour de ma mère. Taquiné et embêté à l’école, délaissé à la maison, je criais contre les ordres de ma mère. Je dormais très mal, et j’ai plusieurs fois feinté de vouloir me suicider juste pour rester quelques jours au service pédiatrique des urgences tant les infirmières étaient douces et agréables. Je ne souffrais pas de telles idées noires, même si je n’allais pas bien, et ces mensonges me coûteront cher plus tard.

Ma mère a demandé conseil auprès de l’ASE, que nous avons souvent rencontré ainsi que des psychologues pour mon faux état de dépression et surtout notre relation compliquée. Jusqu’au soir où, agacé, j’ai poussé ma mère lorsque nous nous sommes disputés. Elle a eu un bleu, malgré que je ne l’ai pas frappée. Le lendemain matin, un éducateur m’a réveillé dans ma chambre pour me dire de faire mes bagages. De façon neutre et insouciante, je n’ai senti aucune pénibilité à partir. Bagage en main, direction un foyer d’urgence.

4. Foyer d’urgence

Arrivé au foyer d’urgence, on me présente une chambre personnelle. Un foyer d’urgence est censé être une passerelle, le temps que l’équipe éducative trouve un placement adapté à la personnalité du jeune. On y reste quelques mois. Pour ma part il s’agissait d’une sorte de grande maison en métropole. Plusieurs étages, plusieurs chambres. Un jardin, une console de jeux vidéo, une table de ping pong. Des combats de coqs avec, à la place des coqs, les plus faibles du foyer. Des escapades nocturnes, de l’alcool et de la drogue. Des œufs pour la cuisine et, aussi, décorer les chambre des moins forts. Des vols et, bon, vous comprenez un peu l’ambiance.

Cependant je n’ai pas le souvenir d’avoir été trop chahuté, clairement je me positionnais en bas de l’échelle sociale mais il y avait pire. Même les plus rebelles ont une éthique et des sentiments, c’était amusant de m’embêter mais je me ne laissais pas faire tout en peinant à me défendre efficacement, j’ai alors reçu plus de coups moraux que de coups physiques.

5. Foyer

On ne me trouve pas de foyer adapté, mais j’ai largement passé le délai admis en foyer d’urgence à priori. Je suis donc placé dans ce qu’on me dit être le pire foyer de la région. Un château plus éloigné de la métropole mais jamais trop loin. Socialement je me retrouve dans la même situation.

J’ai une anecdote concernant ce foyer, des jeunes avaient utilisé du polystyrène pour l’effriter dans une chambre jusqu’aux tiroirs, sous-vêtements et moindres recoins. Le Directeur de cet établissement était dans la cuisine quand je l’ai croisé. Il me demande alors d’aller nettoyer la chambre martyrisée, ce que je refuse en expliquant que je n’y suis pour rien. Le Directeur, d’emblée, me crie de me calmer en s’approchant. Je ne comprends pas. Il me somme de lever les mains, j’obéis toujours décontenancé. Il vient en m’attrapant un doigt et réussis à me mettre à terre en me faisant une prise de karaté-pour-faible-connard. Désolé, je peine à être raisonné avec ce garçon. Je me souviens être allé dans un escalier me réfugier, un jeune m’a trouvé, m’a demandé ce qui s’était passé, et m’a expliqué que j’avais le doigt cassé. Je n’y croyais pas, mais un éducateur m’a amené faire des radios et mon doigt était fêlé. J’ai toujours retiré les atèles et les plâtres qu’on me contraignait à utiliser, je ne sais pas trop pourquoi aujourd’hui, c’était sûrement une manière pour moi d’envoyer bouler l’autorité. Une manière brillante puisqu’aujourd’hui encore ce doigt se plie mal et vire vers la droite.

Bien sûr, quand j’ai expliqué la mésaventure à des éducateurs, ils m’ont simplement dit que je mentais et ce n’est jamais allé plus loin.

Sinon, dans ces chahutages constants, ces dangers de tout instant, cette scolarité coupée d’hospitalisations (toujours la même technique jusqu’à ce qu’on commence à me refuser), et bien le foyer avait un budget pour nous divertir, nous sortir. Sur 12 mois d’anarchie h24, 7/7, vous ne pouvez pas espérer relever des jeunes de leur enfer sans leur proposer des échappatoires, des bulles d’air. Même si, vous devinez, un foyer qui part en escalade, c’est toujours un foyer alors bon.

6. Plusieurs foyers

J’ai été baladé de foyers en foyers, j’ai trop peu de mémoire pour l’expliquer. Je me souviens seulement de quelques chambres, de moqueries dans des maisons différentes, de sessions MSN à plusieurs pour soutenir un gars en train de draguer une fille en ligne.

7. Lieu de vie

Mon dernier placement se fera en lieu de vie. Une sorte de maison plus familiale. Un couple se propose d’héberger jusqu’à 7 jeunes, contre rémunération.

J’étais dans une maison, avec 4 à 6 jeunes, et un couple lesbien s’occupait de nous. Du coup, j’aurais découvert assez tôt les bars gays, leur bonne ambiance et leurs avances. J’aurais découvert qu’on peut rouler sous l’influence de l’alcool, et dépasser largement les limitations de vitesse la nuit sur départementale ou route de campagne. Et ce même si un ado, assis à l’arrière, crie, effrayé, qu’il veut qu’on freine. Ho puis après l’ambiance normale de foyer revient quand même. Des jeunes cassés, à 5 ou à 15, on limite la casse mais ce n’est pas miraculeux.

On m’a forcé à prendre des anti-dépresseurs alors que j’expliquais les raisons de mes mensonges. Une éducatrice me considèrera fou sans le cacher à qui que ce soit, mais parce que je présentais des facilités avec les ordinateurs elle me demandera d’installer un logiciel pour espionner sa copine qui semble la tromper. En même temps, quoi, 30 ans de différence ? Sucer des gants de toilette, ça lasse…

Elles fument énormément. Une éducatrice me dira que ma mère est une pute. Je la contredis mais elle insiste pour tenter de me mettre à bout, pour voir jusqu’où j’irais. Pour aller en vacances elle fera appel à des éducateurs. Un était merveilleux, sportif, paternel, bienveillant mais droit, génial. Un autre aussi était très chouette. Puis elles reviennent de vacances. Elles se sépareront, il faut sécher les larmes de la vieille peau et… Enfin, voilà, juste pour vous dire que c’est des ambiances particulières qu’on vit.

8. La préparation de mes 18 ans

Moi je n’en peut plus de ce lieu de vie, il faut que j’en parte. A mes 17 ans et demie je demande au juge qui s’occupe de mon dossier de m’autoriser à aller en colocation avec un ami de lycée, quelle joie quand j’apprends que c’est accepté !

C’est un au revoir sans sentiments et sans regrets qui m’amène, enfin, à changer de vie.

Par contre, c’est un vrai au revoir. Aucun suivi, je dois juste envoyer les factures de mes dépenses très légères. Ma colocation se passe mal mais bon, je vis avec un sociopathe, je n’ai plus les mêmes histoires.

9. Je suis majeur

J’ai 18 ans, je suis lâché. Plus de budget, plus de contact. Je n’ai pas le bac, pas de travail, et pas d’argent.

L’équation est simple : la rue, direct. Heureusement, un ami se propose de m’héberger gratuitement. Il va même jusqu’à me nourrir mais je n’ose pas me servir dans ses placards. Je compte mes centimes, jusqu’à pouvoir acheter soit une baguette, soit des fraises Tagada parce qu’il y en a beaucoup pour pas cher et ça change. Quelque fois cet ami s’est lassé de moi, étant mon seul ami alors, la voilà la vraie solitude. Que je rencontrerais à nouveau. Sans ami, sans famille, sans soutien. Je trouve un travail de télé-enquêteur qui ne réussit pas. Mon ami a des soucis financiers et doit déménager, je cherche sur Internet une colocation avec un inconnu. J’ai peu d’économies, mais je suis convaincu de trouver du travail parce que j’ai la niac.

Je trouve une colocation, pas de travail. J’arrive à la fin de mes économies. Je sens que c’est la fin, même si je crois toujours que ça va s’arranger. Je me dis, avec mes minces économies, que je peux sacrifier un mois de loyer pour aller à un festival rejoindre des amis faits en ligne. De toutes façons je serais un jour ou l’autre à la rue, alors je vais à Paris rejoindre mes amis. Je suis pour la première fois depuis de nombreuses années : heureux. Ce sentiment est presque nouveau pour moi, et je le retiens. A mon retour, retrouver un tel sentiment est mon seul objectif.

La banque me refuse un micro-crédit, j’annonce à mon colocataire que je vais partir sans lui donner la raison de cette surprise. Tout ce que j’ai je le mets dans un sac, et je vais chercher un hôtel pas cher parce qu’aucune chambre, foyer ou appartement social ne m’est disponible. Je me dis que tous les jours je sors très tôt et rentre très tard, il n’y a pas de raison que ça ne s’arrange pas, et je pourrais rembourser alors la dette que je me ferais à l’hôtel.

Un mois d’hôtel et de recherche de travail quotidienne, 1 000€, rien. Je ne peux plus payer, je ne veux pas voler. Je prends mon sac, je vais acheter un polaire, et je sors de l’hôtel. J’ai un gros sac sur le dos, et plus tard dans ma marche je me rendrais compte que sur toute la Terre je n’ai plus nul part où aller. Plus rien ne m’appartient, il n’y a plus trace de moi.

Je n’ai plus qu’un crainte, qu’on me vole mon sac. Il est devenu tout pour moi. Je me renseigne pour trouver les douches publiques, je suis autorisé à y aller gratuitement deux fois par semaine. On me propose aussi de laver mon linge gratuitement. C’est exceptionnel, et très important dans une situation si mauvaise.

Je dors près des Urgences, par nostalgie c’est l’endroit le plus rassurant de la ville pour moi. Je ne sais plus combien de nuits j’ai dormi dehors, je crois seulement quelques unes. Parce que vite j’ai fait une crise d’angoisse, et je ne savais pas ce que c’était avant d’en faire une. Le cœur qui bat très vite, très fort. Les idées irréalistes, j’entends des sirènes je crois que c’est des policiers qui viennent pour me tuer. Je réussis à me lever avec mon sac et filer aux urgences, on me rassure et on me propose de me reposer à l’accueil quelques instants, mais pas trop.

Un ami m’appelle innocemment puis me demande comment je vais. Je vais bien. Puis il me demande ce que je deviens. Ha, là, difficile de contourner la réalité. Choqué, il me dit qu’il me rappelle dans un instant. Il me rappellera pour me proposer l’hébergement de la famille d’un ami commun, près de la ville. J’accepte, malgré moi. Je ne les connais pas du tout. Long story short, je vis l’amour d’une famille et c’est assez dingue, je trouve un CDI dans un McDo et maintenant que ça s’arrange je me permets d’aller voir un chirurgien pour un kyste que je traîne depuis plusieurs mois.

Je me fais opérer, anesthésie générale, c’était plus important que prévu. Je retourne au travail, j’ai une hémorragie, je retourne à l’hôpital et je serais en arrêt maladie trois semaines. Au moindre mouvement je souffre, j’ai malheureusement tâché de sang le matelas du lit qu’on m’offrait. La famille ne cache plus leur agacement. Cependant la maman se portera caution pour que j’ai un prêt de 2 000€. J’ai trouvé un studio, sans cautionnaire, un truc minuscule mais, enfin, ça s’arrange.

Un CDI, un studio, je peux m’investir dans une association culturelle, je me fais des amis : tout s’arrange.

Mon aventure a continué, bien sûr, mais concernant l’ASE voilà ce qu’il y avait à savoir.

10. Ce que l’ASE pouvait améliorer, pour ma situation

Suivi après la majorité, lien Mission locale – ASE ou possibilité de prendre rendez-vous par le jeune avec ASE plutôt que Mission locale : il n’y a eu aucun suivi dès mes 18 ans, j’ai été mis en danger alors que je suis tenace et, je crois, sage. Je ne bois pas, je ne fume pas, je n’abandonne pas et je ne compte pas mes efforts. Mais je suis quand même arrivé à la rue. La Mission locale ne dispose pas des mêmes compétences et possibilités que l’ASE.

Contact avec un référent extérieur au lieu de vie / foyer :  le couple qui s’occupait de nous s’offrait de la très bonne nourriture et nous lassait des produits bons marchés. La situation psychologique du couple était instable. Ma mésaventure du doigt fêlé a été tue au silence par l’équipe éducative, imaginons pire…

Suivi des éducateurs : des éducateurs abusent de leur position dominante, certains sont à des postes élevés. Il y a de la violence. J’ai croisé quelques éducateurs bienveillants et simplement très bons pour éduquer. Mais leur présence ne suffit pas à réparer les erreurs des autres.

11. L’ASE à refaire ?

Bien sûr que vivre en foyer est compliqué. J’ai rencontré des jeunes qui y étaient depuis leur jeune enfance et qui n’ont connu que ça.

Comme je l’expliquais au début, l’ASE n’est pas directement responsable du mauvais sort des enfants devenus majeurs. Les éducateurs, en foyer, sont professionnels. Les conseils pédagogiques, bons ou non, tendent à aboutir à du concret pour la majorité. En France, se reconvertir est accessible sans trop de complications.

La Mission locale est un organisme présent pour aider les jeunes majeurs, ils peuvent parfois débloquer un financement, ils connaissent les organismes compétents en terme de logement, de santé.

L’ASE, telle que je la perçois moi, de ma région, est compétente. Par contre, quelques améliorations sont nécessaires. Ce sont des vies dont on parle, le prochain Thomas Pesquet dort peut être ce soir dans un foyer, et peut être que demain son éducateur va lui casser un doigt en lui disant de faire un CAP Coiffure alors qu’il veut apprendre le russe et étudier les sciences appliquées.

Je crois qu’il faut écouter les jeunes placés aujourd’hui, je crois qu’il ne faut pas avoir peur de les conforter dans un gros projet qu’ils peuvent avoir malgré leurs errances passées. Je ne suis pas assez proche de ce milieu, ça fait trop longtemps que j’y étais, je ne peux qu’être approximatif.

12. Conclusion

C’est la première fois que je me dévoile autant, en ligne ou non, mais j’espère que ce sera utile à certains. Aux jeunes qui ne savent pas dans quel bateau ils sont. A ceux qui ne s’imposent pas et ne voient dans le futur que du mal. Aux adultes qui réfléchissent à cette situation épineuse du placement. Et aux curieux.

Je ne promets pas de laisser cet article indéfiniment disponible, mais j’espère que jusque là cette lecture vous aura apporté quelque chose.

Je ne peut que finir en citant Antoine de Saint-Exupéry :

“L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre.”

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